I - Le berceau près de la cheminée

Go, j'ai 7 minutes, je ne m'arrête pas.
C'est l'histoire d'un petit homme. Sachant - croyait-il - parler aux oiseaux. Bien sûr, bien de ses tours se tenaient dans sa tête. Mais la hargne, la hargne, il l'avait.
Depuis tout petit, à vrai dire. Son berceau balançant au coin du feu, il savait que cette chaleur divine l'avait pénétré.
Il brûlait. Ses rêves le brûlaient, le consommaient de l'intérieur. Comme un tas de cendres incandescents, parfois brasier du désir de vivre.

Mais longtemps, ce n'était pas sa tasse de thé : vivre.
Toujours, toujours pareil. Schéma, schéma, comme un appareil.
Pendant des années, Soladine se demandait s'il ne vivait pas avec des robots. Lorsqu'ils étaient en "panne", pour quelque chose qui d'évidence n'avait rien à voir avec leurs boulons mais bien la faible activité immatérielle de leur boîte noire - à l'intérieur de leur crâne de pierre - on les refixait avec des tournevis, de l'huile et surtout des pillules. Surtout des pillules.

Alors un jour, c'en fut trop pour Soladine. Eux robots, lui non.
Des plumes de chef indien peuplaient son torse. Depuis toujours, il les sentait là, avec lui, tenant chaud à ses rêves et lui donnant le courage de se jeter dans cette cheminée qui l'avait vu grandir. Figuré, bien sûr, le sens. Soladine tenait ferme à son corps et à se peau. Les cloques, la fonte de ses doigts, non non non. Ce qu'il voulait dire par là, c'était un retour au feu originel. Car il se sentait flammèche, flammèche isolée.

Il était temps pour lui de savoir ce qu'il devait faire.
Le faire, il allait le couler dans la cheminée.
Avec le faire, il forgerait l'épée.